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Récit de vie : Catherine Klein, quand une archive révèle une vie jusque-là invisible…

Qu’est devenue mon arrière-grand-mère alsacienne, entre son enfance en Alsace,  la naissance de son fils à Paris en 1847 et sa fin de vie à Châtillon-sous-Bagneux en 1899 ? Une succession introuvable à Paris m’a pourtant mené vers elle…


Ne jamais abandonner en généalogie

Il ne faut jamais abandonner et régulièrement remettre le métier sur l’ouvrage… Cette maxime vaut pour bien des domaines et, en l’occurrence, pour la généalogie.

Je vous ai déjà parlé, bien que les archives familiales écrites sont muettes à son propos, de mon arrière-grand-mère, Catherine KLEIN. Son enfance est relativement bien documentée : née le 15 septembre 1822 à Bouxwiller (Bas-Rhin), nous la suivons jusqu’aux décès de son père en 1828 et de son jeune frère en 1829.


Un grand silence dans les archives

Ensuite, un grand blanc s’installe dans son parcours. Ce n’est qu’en 1847 que Catherine réapparaît... à Paris, aux côtés de sa mère et de sa sœur aînée. Elles ont très probablement quitté leur région natale pour rejoindre la communauté des alsaciens à Paris à la recherche de travail et d’une vie meilleure.

C’est à l’occasion de la naissance de mon grand-père, Armand Klein, que nous la situons le 16 août 1847, au 23 rue du Gros-Chenet, au début de l’actuelle rue du Sentier, dans l’ancien 3ᵉ arrondissement de Paris.


Du coeur de Paris à la proche banlieue

Une longue période s’écoule ensuite, jusqu’en 1872, année où les Alsaciens sont contraints d’opter entre nationalité française et allemande. Sur l'acte d’option, Catherine est domiciliée au 6 rue Châtelain (actuelle rue Francis-de-Pressensé), dans le 14ᵉ arrondissement.

Vingt-trois années de vie demeurent ainsi dans l’ombre, sans que je sache comment et de quoi elle vit à Paris.

Je la retrouve finalement à son décès, le 23 mars 1899, à la maison de retraite Notre-Dame d’Auray, à Châtillon-sous-Bagneux. Encore vingt-sept années sans sources directes : une vie fragmentée par les silences de l’archive.


Une erreur… puis une découverte

Je pensais en rester là, mais l’envie d’en savoir plus persistait. Les pistes parisiennes — police des mœurs, archives judiciaires, successions — se révélèrent infructueuses ou lacunaires.

C’est en corrigeant une erreur méthodologique que la situation se débloqua : la déclaration de succession de sa mère, décédée en 1859, devait être recherchée non à Paris, mais dans son département d’origine. Le fichier des successions de Bouxwiller livra enfin une information précieuse.


Catherine, apprêteuse de gants

J’y apprends en effet que cette année là, en 1859, Catherine travaillait à Paris, dans l’ancien 2ᵉ arrondissement, comme apprêteuse de gants. Elle a certainement dû gravir les échelons, avant de maîtriser les gestes précis qu’exige ce métier d’ouvrière spécialisée. Elle doit donc exercer depuis de nombreuses années dans ce quartier proche de la rue du gros chenet.


Gravure d’un atelier de gantiers au XIXe siècle montrant des ouvrières apprêteuses de gants
Gravure d’un atelier de gantiers au XIXᵉ siècle – un témoignage de l’histoire sociale des ouvrières parisiennes.

Depuis combien de temps exerçait-elle ? Pour quel maître gantier ? Dans quel atelier discret des beaux quartiers parisiens ?


Suivre la vie de Catherine Klein, c’est explorer non seulement l’histoire familiale mais aussi l’histoire sociale de Paris, ses ateliers et ses métiers féminins oubliés.


Autant de nouvelles pistes qui s’ouvrent pour tenter d’éclairer un peu plus la vie de celle qui restera sans doute la plus secrète de mes bisaïeules.


Plan ancien de Paris vers 1850 avec itinéraire d’une ouvrière apprêteuse de gants
Itinéraire résidentiel possible de Catherine entre 1847 et 1899.

Le Récit-de-vie

Il s'agit, dans un article unique, ou bien dans une suite d'articles, de raconter en la contextualisant, la vie d'un ancêtre, d'un collatéral, d'une famille, voire même d'un village ou d'une paroisse.


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6 commentaires

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Invité
il y a 7 heures

Bonsoir - Et bravo pour cette recherche ! Peut-être vérifier les Almanachs du Commerce ? Dans celui de 1859, pas de rue du(Gros) Chenet mais la rue du Sentier est en I, p. 1207 et "gant(ier,...)" p. 658, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6324389h/f667.item

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Catherine Livet
il y a 12 heures

C'est vrai, il ne faut jamais renoncer. Précieuse avancée que d'avoir découvert son métier.

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Invité
il y a un jour
Noté 5 étoiles sur 5.

Belle trouvaille ! Mon arrière-grand-mère aussi était gantière ! Elle a fini sa carrière comme cheffe d'atelier dans une ganterie de Millau.

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Alain THIREL-DAILLY
Alain THIREL-DAILLY
il y a un jour
En réponse à

Merci beaucoup de commenter. Millau, le pays du gant.

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Marie
il y a un jour
Noté 5 étoiles sur 5.

Une belle découverte sur ta bisaïeule !

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Alain THIREL-DAILLY
Alain THIREL-DAILLY
il y a un jour
En réponse à

Merci ma douce

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